APRÈS LES RUINES
Comment se reconstruit-on dans un monde détruit ?
Comment recommence-t-on à vivre après la guerre ?
Guerre ancienne ou contemporaine. Guerre lointaine ou intime.
Ukraine, Gaza, ex-Yougoslavie, Europe d’hier ou d’aujourd’hui : les lieux changent, les ruines se ressemblent. Ce qui demeure, ce sont les corps marqués, les silences, les absences — et la question essentielle : que fait-on après ?
Après les ruines est un spectacle pluridisciplinaire mêlant musique, texte et danse, qui interroge la capacité humaine à se relever, à se réinventer, à aimer encore, lorsque tout semble avoir été détruit.
Sur scène, deux personnages.
Ils sont tour à tour frère et sœur, amis, amants, parents, soldats, gouvernants.
Ils ne portent pas de noms : ils pourraient être n’importe qui, n’importe où, n’importe quand. Leurs identités glissent, se superposent, se contredisent, comme dans une mémoire traumatique où les rôles se brouillent.
Le spectacle ne raconte pas une guerre en particulier.
Il explore l’après :
– l’après-coup,
– l’après-choc,
– l’après-silence.
Un langage scénique hybride
La musique, portée par le violoncelle, n’illustre pas : elle résiste, elle soutient, elle relance. Elle est parfois plainte, parfois pulsation vitale, parfois simple souffle.
La danse — hip-hop et écriture contemporaine — donne à voir des corps empêchés, brisés, puis progressivement réappropriés. Des corps qui tombent, se relèvent, apprennent à habiter de nouveau l’espace.
Le texte, fragmentaire, poétique, parfois brutal, parfois intime, circule entre les voix, comme une tentative de dire l’indicible.
Rien n’est linéaire.
Comme dans l’expérience réelle du traumatisme, le récit avance par éclats, par retours, par failles.
Ruines extérieures, ruines intérieures
Les ruines ne sont pas seulement des paysages détruits.
Elles sont aussi mentales, affectives, politiques.
Après les ruines questionne :
-
la mémoire et l’oubli,
-
la responsabilité individuelle et collective,
-
la transmission des traumatismes,
-
la possibilité — ou non — de pardonner,
-
la reconstruction personnelle face à l’effondrement du monde.
Mais le spectacle refuse le désespoir comme horizon.
Il ne nie ni la violence ni la perte.
Il cherche, obstinément, les gestes minuscules par lesquels la vie recommence : un regard, un mouvement, une phrase, une présence.
Une œuvre sur la résilience, sans naïveté
Ici, la résilience n’est ni un slogan ni une injonction morale.
Elle est fragile, lente, incomplète.
Elle passe par le doute, la colère, l’épuisement.
Elle n’efface rien, mais permet peut-être de continuer.
Après les ruines est une tentative de réponse artistique à une question profondément contemporaine :
comment rester humain dans un monde qui semble ne plus l’être ?
Un spectacle qui ne donne pas de leçon, mais propose une expérience sensible, physique et émotionnelle, où le spectateur est invité à reconnaître ses propres ruines — et, peut-être, ses propres forces de reconstruction.